La vitesse aggrave et provoque les accidents. Elle les aggrave
puisque plus on roule vite, plus les conséquences de l’accident sont
graves. Elle les provoque dans la mesure où elle réduit les possibilités
de manœuvrer à temps et donc d’éviter l’accident. Excessive ou
inadaptée, la vitesse est la principale cause de mortalité sur les
routes.
Or, le risque lié à la vitesse n’est souvent pas correctement perçu
par les conducteurs. Les conséquences de la vitesse sont multiples
(surconsommation de carburant, pollution, bruit, usure prématurée du
moteur…)
mais ici, nous allons étudier les plus graves, c’est-à-dire les conséquences sur la sécurité.
1. Les effets de la vitesse sur le véhicule
- La voiture devient moins maniable. Une vitesse excessive rend le
changement de trajectoire et la maîtrise du véhicule plus difficiles, en
diminuant notamment l’adhérence des roues.
- Il suffit parfois de quelques km/h de trop pour qu’un véhicule fasse
une sortie de route dans un virage. Si la force centrifuge est plus
forte que l’adhérence, la voiture quitte la route. Pour réduire la force
centrifuge, il suffit de réduire sa vitesse.
- La consommation de carburant augmente avec la vitesse. Les moteurs
et autres éléments mécaniques sont généralement conçus pour être
économes et peu polluants, mais seulement aux vitesses réglementaires.
2. Les effets sur le conducteur
Les limitations de vitesse ont été fixées à partir d’observations
scientifiques des limites de l’individu (perception visuelle, temps de
réaction, résistance aux chocs) et de lois physiques (freinage,
adhérence…). Au-delà de ces limites, la sécurité des usagers de la route
est mise en danger.
Plus la vitesse augmente, plus le champ visuel est réduit. Ainsi, en
tant que piéton, on dispose d'un champ de 180°, voire un peu plus.
Devenu automobiliste, on ne dispose plus que d'un champ visuel de 100° à
40 km/h, de 75° à 70 km/h, de 45° à 100 km/h et de 30° à 130 km/h =:
une vision « en couloir » .
Champ visuel exprimé en degrés
- La distance d’arrêt augmente avec la vitesse. Elle correspond à la
distance parcourue pendant le temps de réaction du conducteur plus la
distance de freinage du véhicule. Face à un événement imprévu, le
conducteur réagit toujours avec un léger temps de décalage. Ce temps de
réaction varie de 1 à 2 secondes et dépend de l’attention du conducteur,
de son expérience de la conduite, de son état physique et des
conditions de circulation. Avec la vitesse, la distance parcourue
pendant ce délai incompressible s’accroît, quel que soit le conducteur.
La distance de freinage du véhicule dépend, bien entendu, de l’état de
la chaussée : sur sol humide, elle est quasiment multipliée par deux.
Mais c’est la vitesse qui a le plus d’influence sur la distance de
freinage. Quand la vitesse double, la distance de freinage est
multipliée par quatre : on dit que la distance de freinage varie avec le
carré de la vitesse.

- Rouler vite fatigue ! Obligeant le conducteur à traiter un grand
nombre d’informations en un minimum de temps et à adapter en permanence
sa vision, la vitesse induit un stress important qui entraîne fatigue et
perte de vigilance, les deux facteurs principaux de l’accident.
- En cas d’accident, le choc est plus violent, et les conséquences
plus graves. Jusqu’à 30 km/h, la probabilité d’être tué lors d’un choc
frontal est quasi nulle. Mais elle augmente rapidement avec la vitesse.
Ainsi, la probabilité qu’un conducteur ceinturé soit tué lors d’un choc
frontal à 70 km/h est de 50%. Pour tout passager du véhicule, même
ceinturé, à la suite d’un choc au-dessus de 80 km/h, la mort est quasi
inévitable.

- Le temps gagné avec une vitesse plus élevée est toujours surévalué.
Il s’élève à 6 minutes environ quand on roule sur autoroute en continu à
150 km/h au lieu de 130 km/h pendant 100 km, hors arrêts et
ralentissements.
- Redoublez de vigilance la nuit : les feux de croisement n’éclairent
qu’à 30 m. Dès 70 km/h, l’obstacle qui surgit dans cette zone éclairée
est inévitable.